Scroll to top
  • 👑 Nouvelle offre illimitée ! Pour seulement 150€/mois, accédez à tous les cours + tous les avantages Simone inclus ! 👑
Please assign a menu to the primary menu location

Résumé

Mode responsable : un dressing plus durable

19 octobre 2021

Nos invitées :

Léa Marcq
Fondatrice de « Reset »

Anaïs Dautais
Fondatrice « Les récupérables »

Émilie Hubert
Fondatrice de « Dressing Responsable »

Edito

Au début du XXe siècle, la mode était réservée aux classes hautes et le renouvellement régulier de la garde-robe n’était pas un besoin. En 1950, l’habillement représentait 1/3 du budget des ménages.

À la fin des années 90, les habitudes de consommation sont bousculées avec l’avènement de la fast fashion avec le développement de marques, devenus de véritables empires de l’industrie textile comme : H&M, Topshop, Gap ou encore Zara.

Mémo : La fast-fashion qu’est-ce que c’est ?

Des marques de mode qui renouvellent leurs collections tous les mois, voire toutes les semaines, à des prix cassés et avec des stocks au minimum. Mais pour que ça marche, l’équation est dangereuse : entre campagnes marketing, opérations promotionnelles qui créent le besoin, impact environnemental catastrophique et conditions de travail désastreuses… Bref, ça ne marche pas.

Pour preuve un chiffre : 2ème ! La mode est la deuxième industrie la plus polluante derrière l’industrie pétrolière.

La bonne nouvelle ? Il y en a plusieurs : une prise de conscience s’opère, ce qui transforme en profondeur notre rapport à la mode, un cadre législatif qui s’installe (Cop 21, loi climat…) et surtout, il y a des acteurs qui font bouger les lignes en faveur d’une mode plus responsable : des marques de créateurs responsables (production dans de bonnes conditions, et de façon raisonnée pour éviter la surproduction, tout en utilisant des matières durables à faible impact environnemental), média, plateformes, applications…

Notre propre rapport à la mode

« Pour faire de la fast-fashion, il faut exploiter les gens »

1 vêtement est porté en moyenne 5 fois. Le problème, au-delà d’acheter un vêtement polluant qu’on ne valorise pas, c’est aussi la façon qu’on a de s’en débarrasser. En effet la plupart des vêtements partent à la poubelle comme le précise Anaïs : « Dans notre pays tout ce qui part à la poubelle est incinéré ou enterré. Alors que ces vêtements pourraient être donnés ou recyclés en ressourcerie par exemple. »

Mais que deviennent vraiment nos vêtements une fois déposés à la ressourcerie ? Anaïs nous éclaire : « Une fois donnés au relais, les vêtements ne sont plus incinérés, ils ne s’évaporent pas. C‘est en moyenne 5% qui sont remis dans la boucle de l’économie circulaire (dans leurs boutiques). Sinon, ils partent à l’export, ce qui permet à des personnes de les vendre et de développer une économie locale. »

Pour conclure Émilie est revenue sur un point : « Pour réduire l’impact de la mode, la seule solution c’est de moins produire et de moins consommer »

Le dessous des étiquettes

Selon Léa, « Pour consommer responsable il faut bien évidemment penser aux matières, consommer des matières les plus naturelles possibles. Pour ce qui est des vêtements techniques on peut se tourner vers du polyester recyclé ». Pour Émilie, l’idée est de se demander pourquoi on en a besoin, « si on peut se passer de matières transformées c’est mieux. Au-delà de la matière ce qui est important c’est de revoir les quantités qu’on achète. »

Les conditions de travail

4 € c’est le salaire moyen d’un employé du textile au Bangladesh. Émilie nous met vite face à une vérité : « Pour faire de la fast-fashion, pour pouvoir en produire et que ça reste rentable pour ces entreprises, il faut exploiter les gens. S’ils payaient bien les gens, ils ne pourraient pas faire ce qu’ils font. »

Elle nous a aussi éclairé sur un autre fléau « Aujourd’hui c’est 4 € au Bangladesh, mais ils sont tous en train de partir en Éthiopie parce que là-bas, c’est plus que 2 € »

Ces 4 € ont quant à eux évoqué à Anaïs le tristement célèbre Rana Plaza et son effondrement, ayant causé 1127 morts et 2500 blessés. « Si on pense Bangladesh on pense effondrement du Rana Plaza et puis création de Fashion Revolution il y a 6 ans »

« Les grandes marques s’engagent uniquement dans leur propre réalité »

Aujourd’hui nombreuses sont les marques issue de la Fast Fashion qui développent leurs propres collections écoresponsables : Conscious chez H&M, Join Life chez Zara, Committed chez Mango… Mais qu’en est-il vraiment ?

Selon Émilie, « Elles s’engagent sur ce qu’elles savent faire, toutes les grandes marques travaillent là-dessus aujourd’hui. Dans leur schéma, dans leur réalité elles essayent de faire mieux. Mais elles sont enfermées dans un schéma qui est mauvais, avec des faux modèles. »

Léa en revanche doute de la sincérité de ces marques, « Il y a certaines grosses marques, comme Aigle qui a récemment revu son modèle de production, où on sent un véritable engagement, mais sur les petites marques de fast-fashion il y a un manque de sincérité ». Nous sommes donc revenus sur un sujet d’actualités pourtant très ignoré dans les médias : le travail forcé du peuple ouïghour.

« Inditex (groupe Zara, Bershka, Pull and Bear, Massimo Dutti…) continue de travailler avec les chinois et notamment les entreprises qui exploitent les ouïghours. Il y a un souci. Ils ont été alertés, ils le savent. Ils ont donc fait croire qu’ils avaient arrêté de travailler avec la Chine, alors qu’on découvre aujourd’hui qu’ils ont en fait continué. S’il y avait un réel engagement derrière, qu’est-ce que ça leur coûterait de ne plus travailler en Chine et de trouver d’autres manufactures ? »

« Une pensée a un impact, alors imagine les actions »

La priorité aujourd’hui est donc de revoir notre consommation, et de privilégier les vêtements bénéficiant de la production dite propre. Mais les consommateurs ne sont pour autant pas les seuls à pouvoir faire bouger les choses. L’engagement de la part des marques doit être total. 

Les 3 priorités d’Émilie :

  • La réduction de la production : « C’est l’enjeu majeur, consommons moins mais mieux. »
  • La transparence : « Quand on produit, il y a forcément un impact. Il n’y a pas de choix parfait mais il faut pouvoir expliquer ses choix. »
  • La réindustrialisation et la formation des personnes aux savoir-faire « On peut produire au Bangladesh de façon éthique. L’idée n’est pas de se replier sur soi mais de travailler intelligemment avec tout le monde. »

Les 3 priorités d’Anaïs :

  • La considération : « Considérer le vivant, la condition humaine et pour la planète. Considérer une action, car elle a forcément un impact. »
  • La beauté : « Pourquoi on achète des vêtements ? Parce-qu’on veut être la plus belle pour aller danser ! Et se dire que personne n’a versé son sang sur ce tissu »
  • Consommer moins mais mieux

Les 3 priorités de Léa :

  • L’éthique : « Il faut axer les progrès sur l’humain et pas seulement sur la chaîne de production, mais aussi à Paris et dans les enseignes. Éthique de A à Z, de la production jusqu’à la chaîne. »
  • La RSE : « Les grandes marques doivent mettre en place une véritable stratégie RSE, et pas uniquement sur 15% de leur collection. »
  • Boycotte du Made In Chine : « Dilnur Reyhan, la porte-parole du peuple Ouïghour m’a dit qu’à partir du moment où ça venait de Chine ce n’était pas traçable. On ne peut donc pas certifier que ça n’a pas été fait par un ouïghour, tellement la politique est oppressive. »

« J’ai eu le toupet de lancer une marque de mode responsable avec des rideaux »

Qui de mieux placée qu’Anaïs pour nous parler des dessous des marques écoresponsables ? Visiblement personne ! On lui a donc posé toutes nos questions pour comprendre ce qu’il se passait en coulisses.

Pour rappel, Anaïs est la fondatrice des Récupérables, marque éco-responsable créée en 2017 et ayant pour but de démocratiser l’upcycling et la mode éthique. Les Récupérables fabrique donc des vêtements grâce à des tissus récupérés en allant du rideau au bleu de travail dit « non-conforme » et en passant par les restes de rouleaux de tissus, issus des grandes maisons.

Ils ont aussi un grand engagement au niveau éthique : « Nous avons pour point d’orgue d’avoir le maximum de transparence dans les ateliers. On travaille avec peu d’ateliers. Entre quatre et cinq en France, certains sont historiques et certains sont en atelier d’insertion comme 13 A’tipik, situé à Marseille et dirigé par Saouda. On travaille aussi avec un petit atelier à Paris, aussi DSL Tex qui n’ont plus de personnel : il y a Germaine qui a 75 ans qui vient aider, ce sont des passionnés mais il y a une perte des savoir-faire en France et c’est difficile pour eux de retrouver du personnel qualifié. On travaille aussi avec un atelier de réinsertion en prison. »

Au-delà de la confection, il y a la vente et notamment la livraison « On n’envoie pas le produit tant qu’on n’a pas les mensurations, pour éviter les retours. On n’a pas besoin d’avoir le produit en livraison ultra rapide. Il faut prévoir. »

La marque a aussi pour objectif le zéro déchet : « Il n’y a plus d’emballages, on encourage les gens à venir avec leur tote-bag, sinon on travaille avec des emballages spécifiques en papier kraft recyclé. Pour les cartes, on les fait à partir de chutes de production textile, et elles sont ensemencées. Donc quand tu les plantes ça fait des fleurs ! »

La boutique Les Récupérable se situe au 11 Rue des Gardes, 75018 Paris et sur le site LesRécupérables.com

Les conseils de nos invitées pour un dressing responsable :

Se connaître soi-même, savoir ce qu’il nous plait et ce qu’on aime porter pour faire des achats réfléchis : Selon Emilie, « Si vous vous connaissez bien, vous n’aurez plus peur d’investir dans une combinaison responsable à 200€, car vous saurez qu’elle vous ira et que vous allez la porter. » Pour apprendre à mieux vous connaître et faire les bons choix, vous pouvez pour cela faire appel à un.e coach en image. Il / Elle saura vous guider en fonction des formes, couleurs et motifs qui vous iront au mieux.

Tester le vêtement : « On fait le test de la chaise, si tu t’assois et que ça craque c’est que ça ne te va pas. Certes il y a des subterfuges, des pinces, des ceintures etc.. ; mais si un vêtement ne te va pas il ne t’ira jamais. », nous conseille Anaïs.

Faire avec ce qu’on a déjà : Léa nous a donné un tips incroyable ! « Regarder dans son placard et élaborer des combinaisons avec ce qu’on a déjà. Surtout préparez-vous une tenue de flemme ! Vous vous levez le matin, vous ne savez pas quoi mettre : hop tenue de flemme, dans laquelle vous vous sentez bien et que vous pouvez garder même si après le boulot vous voulez aller boire un verre. »

Consommer seconde main et solidaire : Le conseil fashion d’Anaïs, « Acheter chez Emmaüs, les ressourceries, Ding Fring, ou toutes les friperies solidaires. Puis venez ponctuer avec une nouvelle pièce qui équilibrera la tenue. »

Pour plus de tips n’hésitez pas à aller faire un tour sur la page Instagram de @MediaShift, vous trouverez dans leur prochain post, des conseils et des ressources concrètes pour un dressing plus responsable.

Nous avons pu, grâce à nos invitées, trier le vrai du faux sur un sujet remplis de zones d’ombre. Au fur et à mesure, cette causerie a pris la tournure d’une discussion, d’un échange de conseils et de tips, pour repartir sapées comme jamais et sans nuire à la planète.

Nos invitées vous livrent quelques conseils supplémentaires dans notre vidéo : A toutes fins utiles !

Related posts